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Quand « black mirror » devient réalité en Chine

La Chine est en train de mettre en place un puissant mécanisme de contrôle des populations qui sera totalement opérationnel d’ici 2020.

Ce système prévoit la mise en place d’un programme de « notation » visant à récompenser les « bons » citoyens… et bien évidemment à punir les « mauvais ». Dès mai 2018 les « mauvaises notes sociales » entraîneront des sanctions envers ceux qui se les verront attribuer : interdiction d’acheter des billets de train ou d’avion, limitation de l’accès à l’internet – ce qui dans un monde tel que le notre peut avoir de lourdes répercussions professionnelles.

Pour obtenir une bonne « note sociale » rien de plus simple : être performant au travail, vanter le système politique et économique chinois, consommer des produits nationaux. Malheureusement figurer sur la liste noire est encore plus aisé…des connections sur des sites « suspects », des infractions mineures au code de la route et bien évidemment des opinions philosophiques ou politiques dissidentes feront du citoyen un indésirable, rapidement privé des avantages de la société moderne – mais devant toutefois continuer de contribuer, et même encore d’avantage s’il entend faire remonter sa note.

Une telle « matrice » de contrôle passe nécessairement par une compilation importante de données relatives aux citoyens, lesquelles seront obtenues via les tribunaux, procès verbaux de police, informations bancaires ou fiscales, employeurs et bien évidemment internet, les sites de rencontres pouvant également être exploités. N’oublions pas que nous vivons à l’époque des « big data ».

En d’autres termes, il ne sera plus question de vie privée pour le citoyen chinois lambda.

Il faut souligner que ces mécanismes de « notations » existent déjà dans le cadre de certains services commerciaux tels que la vente en ligne, les entreprises accordant des privilèges aux clients ayant cumulé le plus de points. Les utilisateurs des sites de rencontres tels que Tinder ou adopteunmec sont dores et déjà habitués à recevoir des notes de la part des autres clients, notes desquelles découle un « indice de désirabilité » (pour Tinder)

Ce mécanisme commercial sera donc transposé à l’échelle d’un état ; de la note globale attribuée à un individu pourra dépendre son accès à certains types d’emploi, prêts bancaires ou logements. Inutile de préciser qu’une mauvaise notation sociale entraînera pour les « mauvais citoyens » tout un ensemble de conséquences susceptibles de faire de sa vie une course infernale : il sera donc impératif pour tout individu de se conformer aux normes sociales de la modernité, ne serait ce que pour exister.

Si la Chine est officiellement une République communiste, ce sont bien des mécanismes libéraux qui seront utilisés pour susciter une « émulation » parmi les citoyens chinois ; ainsi les autorités misent elles sur la concurrence qu’un tel système ne manquera pas de susciter entre les individus, chacun désirant obtenir une meilleure note que son collègue ou voisin. Sur le plan humain comme sur les plans supérieurs, l’ego de l’homme sera l’outil de son aveuglement et de son asservissement. Car en toute logique, un tel projet ne peut à terme qu’aboutir à un système de contrôle que les citoyens eux-mêmes entretiendront, participant à leur propre mise en esclavage : les hommes et les femmes de demain se « noteront » les uns les autres, à l’aune des normes et comportements standards mis en places par les sociétés modernes depuis des décennies si ce n’est des siècles.

Ce dernier scénario est le thème d’un épisode de la série d’anticipation « black mirror » intitulé « nosedive« ; dans une société futuriste, la « note sociale » conditionne l’intégralité de la vie des citoyens, en faisant ainsi de purs produits conditionnés, malléables et décérébrés guidés par la quête de la bonne note sans laquelle exister devient un véritable chemin de croix.

Un système de contrôle auquel échapperont probablement, selon la logique des rapports de force modernes, les « élites » financières ou politique – au demeurant transnationales –  qui seront les véritables bénéficiaires d’une telle matrice.

La Chine ouvre la voie, et sera n’en doutons pas rapidement suivie par les pays occidentaux. Nous pouvons aisément imaginer quelles seront les conséquences pour un état tel que la France, gouverné par des intérêts étrangers et par un matérialisme absolu, où la prose de Céline est condamnée, l’antisionisme bientôt illégal et le patriotisme considéré comme une idéologie à abattre. Les vaccins obligatoires ou l’implantation de puces RFID –  vantée notamment par Jacques Attali – pourraient également devenir la norme, leur refus devenant susceptible de faire baisser la fameuse « note » nécessaire à la vie sociale de demain.

Note

L’image illustrant cet article est tirée du film they live de John Carpenter, sorti en 1988. Le héros interprété par le défunt catcheur Roddy Piper découvre grâce à des lunettes la réalité du monde qui l’entoure où tout est mis en place pour asservir l’individu au profit d’une communauté « venue d’ailleurs »

A Propos Michael Guerin

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