Accueil Politique L’opération séduction de Macron devant les catholiques

L’opération séduction de Macron devant les catholiques

Pour bien comprendre la macronerie il faut ne pas perdre de vue son but initial qui est d’unir derrière « la république en marche » toutes les tendances politiques et projets de société; le triomphe de l’idéologie mondialiste dont macron est l’un des agents passe en effet par l’agrégation/dilution de ces tendances.

Le président de la république ne pouvait donc pas faire l’impasse sur les catholiques, la « manif pour tous » ayant révélé leur poids et revendications au pouvoir politique.

Un certain nombre de points intéressant ont été soulevés lors de la conférence des évêques du lundi 10 avril, mais c’est avant tout l’hystérie gauchiste qui s’en est suivie qui doit attirer l’attention. Comme de juste les thuriféraires d’un laïcisme intégriste, parmi lesquels figure en bonne place Jean-Luc Mélenchon, ont dénoncé une prétendue « atteinte à la laïcité ». Or il n’en est rien évidemment ; Macron a simplement évoqué un « lien abîmé » entre l’État et l’église, ne faisant pas référence à un lien politique ou juridique, mais bien affectif et purement social. Car le président français a bien compris que la gouvernance idéale devait gagner à sa cause toutes les composantes de la société actuelle. Fort intelligemment, Emmanuel Macron s’est posé devant le collège des évêques de France en défenseur d’une laïcité « qui ne nie pas le spirituel au profit du temporel » et dont le but n’est pas de construire « une religion d’État substituant à la transcendance divine un credo républicain »…

Un nouveau tour de force de la macronerie qui n’en doutons pas apaisera les institutions ecclésiastiques et ramènera dans le giron de « la république en marche » une partie de la population catholique ou plus simplement « conservatrice ».

Mais il ne faut pas s’y tromper, dans les faits Macron n’ignore pas que la laïcité républicaine telle qu’elle est appliquée en France ne peut qu’être l’antichambre d’un matérialisme absolu, et l’avant-poste d’une guerre constante contre toute forme de foi : c’est ce que démontrent aussi bien les polémiques et interdictions relatives aux crèches de Noël que les gesticulations autour du hijab.

Dans les faits également, l’église et ses fidèles n’ont aucun poids réel dans les affaires politiques et leurs voix se perdent systématiquement dans le désert : ils n’ont pas pu stopper hier le mariage gay et ne stopperont pas aujourd’hui la PMA–GPA. Tout du moins la macronerie a-t-elle pu s’assurer du silence futur des évêques et peut-être s’épargner de nouvelles manifestations catholiques dans le cadre de ses projets politiques à venir.

Par ailleurs nulle voix ne s’est élevée pour dénoncer une atteinte à la laïcité lorsqu’ Emmanuel Macon s’est rendu au dîner du CRIF, lobby communautaire disposant quant à lui d’un véritable pouvoir décisionnaire. Point de polémique non plus lorsqu’il participait en automne dernier à la célébration des 500 ans de la réforme qualifiant alors les protestants de « vigies de la république ».

Ce que démontre Macron lorsqu’il caresse dans le sens du poil le collège des évêques de France, c’est que l’église catholique n’est aujourd’hui qu’une communauté parmi d’autres qu’il s’agit de séduire et de manipuler puisque, contrairement à ce qui se produit face au CRIF, il ne sera jamais ici contraint à l’obéissance et la soumission…

En tout état de cause, bien loin de renforcer l’Eglise catholique, l’opération séduction de Macron n’a fait que démontrer le constant affaiblissement du catholicisme en France.

A Propos Michael Guerin

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