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Pierre Clementi, un national-communiste français

Le national communisme – national bolchévisme – est une synthèse idéologique née en Allemagne au lendemain de la première guerre mondiale sous l’influence de deux militants communistes, Heinrich Laufenberg et Fritz Wolffheim. Ernst Niekish leur emboîtera le pas, renforçant l’aspect « conservateur »de la pensée national bolchévique. Incompatible avec le national-socialisme elle subira cependant la répression du troisième Reich ; Niekish comme Wolffheim seront déportés et ce dernier, d’origine juive, mourra en camp de concentration en 1942.

Le national bolchévisme aura pourtant une influence certaine notamment en Russie, au travers de penseurs comme Alexandre Douguine – principal théoricien de l’Eurasisme – ou l’écrivain Edouard Limonov qui fonderont ensemble le Parti National Bolchévique en 1993. L’impact de cette idéologie semble bien moindre en France où le national-bolchévisme se confond la plupart du temps avec le nationalisme-révolutionnaire ; pourtant dès les années 30, un mouvement national-communiste émergea en France sous l’égide d’un homme, François-Antoine Clementi.

Fils d’un facteur corse mort pour la France en 1915, François Antoine Clementi dit Pierre Clementi naît à Paris le 28 mai 1910. Il sera tout d’abord ouvrier métallurgiste, puis modeste employé de banque avant de devenir journaliste sportif au sein du journal « La République ».

D’abord sensible aux idées de gauche, c’est à la suite des événements du 6 mai 1934 qu’il créé le Parti Français national-communiste avec l’aide de Maurice Maurer et Mathieu Degeilh, ainsi qu’un journal « le Pays Libre » qui paraîtra de 1936 à 1937.

En 1939 après la diffusion d’un tract intitulé « la guerre ? Pourquoi ? » il est arrêté pour « pacifisme » et « propagande antisémite », et purge une peine de 92 jours de prison, ce qui ne l’empêchera pas de prendre part à l’héroïque défense de la Loire en juin 1940 alors que le Maréchal Pétain appelle à l’armistice. Il recevra d’ailleurs une citation. Mais contrairement aux nationaux-bolchéviques allemands (pour la plupart), Clementi ne choisira pas la résistance…

Suite à la défaite française, il rebaptise son mouvement « Parti Français National-Collectiviste », le terme « communiste » ne convenant pas à l’occupant1. Au sujet de la capitulation il déclare « ce n’est pas la France qui a été battue, mais la bande de salauds, de juifs et de capitalistes qui la dirigeaient »2. Il se rapproche alors des « Gardes Françaises » et du « Jeune Front » dirigé par Robert Hersant. Il sera en outre, via son ami Eric Labat, l’un des premiers chef de mouvement à prendre contact avec Otto Abetz, ambassadeur allemand à Paris.

Il relance en février 1941 « le pays libre » qui sera l’organe du parti jusqu’en octobre, puis un hebdomadaire de combat politique et social. A partir de mai 1942 « le Pays Libre » est édité à Lyon et redevient jusqu’en décembre l’organe du PFNC, puis celui des ouvriers patriotes et révolutionnaires en août 1943. La publication cessera définitivement le 13 août 1944.

Pierre Clementi sera l’un des fondateurs de la Légion des Volontaires Français (LVF) – il est membre du comité central à l’instar de Déat ou Doriot – en juillet 1941 et s’engage l’année suivante au mois de juin aux côtés d’Eric Labat, pour arriver sur le front en décembre. Il participe ainsi à la fin de l’opération Barbarossa en Pologne, et continuera de combattre jusqu’en 1943 sur le front de l’est (compagnie d’état-major du 1er bataillon ou 2e section de la 1re compagnie à Denisowitschi) avec le grade d’aspirant3.

Il sera rapatrié sanitaire en 1943.

Après la chute du IIIème Reich il se réfugie en Allemagne puis en Italie et sera condamné à mort par contumace le 29 juillet 1948. Il se constitue prisonnier en janvier 1953 mais bénéficiera d’une amnistie.

Il n’abandonne pas pour autant son activité politique et publie en 1954 « la troisième paix », texte rédigé au lendemain de sa condamnation appelant à une réconciliation entre les anciens collaborateurs et les résistants de droite contre le communisme.

Enfin, il rejoindra le « Nouvel Ordre Européen », puis « Ordre Nouveau » avant de s’éteindre à Paris le 16 avril 1982

Notes

  • Clementi et Labat seront d’ailleurs incarcérés par les autorités allemandes en décembre 1940
  • Il est intéressant de souligner le fait que Wolffheim, pourtant d’ascendance juive, tiendra lui aussi des discours antisémites prouvant par là que c’était bien un esprit, une pensée et un « style d’être » que visaient les nationaux bolchéviques, et non une origine « ethnique » comme le feront les nationaux socialistes.

A Propos Michael Guerin

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