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Vinca, un berceau européen

Le passé lointain des européens (et celui de l’humanité en général) reste entouré d’un épais mystère, en dépit des dogmes régulièrement élaborés par « l’idéologie scientifique » dominante.

Un site archéologique, situé à quelques kilomètres de Belgrade en Serbie, jette quelques lumières sur l’histoire indo-européenne : le site de Vinca.

La culture de Vinca a perduré près de mille ans au cours du Néolithique, entre 5200 et 4300 ans avant notre ère, succédant à la culture de Starcevo dont les premières communautés s’installent dans la région aux alentours du -7600 . Nous pouvons ainsi retrouver les premiers signes de civilisation dans en Serbie dès le huitième millénaire avant notre ère, et nous verrons que le mot « civilisation » est ici parfaitement adéquat.

Situé sur les bords du Danube non loin de la capitale Serbe, le site de Vinca – découvert par Miloje Vasic – présente un certain nombre de caractéristiques d’importance stratégique : sa localisation entre la mer Égée au sud et l’Europe centrale au nord, un sol fertile, l’abondance de matières brutes ont contribué à la pérennité de la culture de Vinca, dont les bases civilisationnelles ont grandement déterminé l’orientation future des peuples européens.

En effet la culture de Vinca marque une profonde transformation dans le mode de vie des hommes du néolithique, qui devait enclencher l’essor de la civilisation en Europe : la sédentarisation. Et avec elle, ses avancées fondamentales que furent l’agriculture, l’élevage, la gestion des ressources et surtout le commerce sur de longues distances, qui occupe une place centrale dans la culture de Vinca. L’hinterland du Danube, riche en minerais et pierres, permit aux hommes de Vinca de mettre en place un important réseau commercial s’étendant jusqu’aux Carpates et la mer Égée, basé notamment sur l’obsidienne et le cinabre1, alors particulièrement recherchés. L’obsidienne était notamment utilisée dans la construction d’outils relativement avancés pour l’époque, destinés à l’agriculture, la chasse ou le travail du bois – haches, herminettes, ciseaux, pioches.. etc. En outre des pierres à travers lesquelles des trous parfaitement circulaires ont été percés furent retrouvées sur le site, et l’on sait désormais que les hommes de Vinca utilisaient des « mèches » fabriquées à l’aide de bois ou d’os d’animaux, de sable et d’eau.

Les restes de cinq demeures du néolithique ont été retrouvés, fournissant ainsi de nombreuses informations quant à la vie « urbaine » de Vinca. Le « centre » de la colonie s’étendait sur plus de 10 ha autour desquels se trouvaient des villages « satellites ». Les maisons construites au dessus du sol étaient de forme rectangulaire, les murs étant constitués de bois et d’enduit à base de boue mêlée de paille. L’une de ces maisons retrouvées sur le site de Vinca laisse supposer qu’elles étaient dotées de fenêtres. Elles comprenaient par ailleurs au moins un four, utilisé entre autre pour chauffer le cinabre2 tiré de la montagne Avala. Les différentes recherches menées sur les restes d’habitation démontrent qu’elles étaient aussi bien isolées, sinon mieux, que les maisons de briques modernes.

Le site de Vinca apparaît en outre comme ayant formé une véritable « métropole » préhistorique ; en effet la concentration d’habitants et leurs interactions caractérisent une vie citadine plus que simplement villageoise. La diversification du travail et la spécialisation – fermiers, chasseurs, mineurs, artisans etc – que l’on retrouve sur le site confirment son caractère éminemment « urbain ». Il faut ajouter à cette « économie mixte » une communication importante avec les autres sites de peuplement via le commerce.

Car comme nous l’avons déjà souligné, le commerce occupe une place fondamentale dans la vie sociale et économique de Vinca ; outre l’obsidienne et le cinabre que nous avons déjà mentionnés il convient d’ajouter la malachite, le plomb et le quartz qui étaient extraits, travaillés et échangés. La présence de pierres issues de zones éloignées confirme l’existence d’un réseau commercial relativement étendu, favorisé par la présence d’importantes rivières dans la région. Au-delà des ressources naturelles abondantes autour du site, ses habitants échangeaient également des produits finis tels que les outils, la céramique, les objets d’art, ou les produits de leur agriculture (qu’ils savaient donc stocker et conserver)

D’autres éléments touchant cette fois à la psyché et à l’esprit des habitants de Vinca sont encore plus étonnants. Il faut tout d’abord mentionner qu’aucune trace de hiérarchie sociale n’a été trouvée non plus que de lieux de culte. De même, les seuls sites funéraires découverts datent du Moyen Âge chrétien, et nous n’avons aucune indication quant aux rites mortuaires de la civilisation de Vinca.

La religion n’était cependant pas absente : plusieurs statues ont été retrouvées sur le site, représentant probablement des ancêtres et/ou des divinités. Du fait de l’absence de lieux de culte nous pouvons supposer que ces divinités étaient liées au foyer, à l’instar des Lar Familiaris romains. Ces statues présentent des caractéristiques très spécifiques : leur visage en forme de polygone et leurs yeux exagérément larges les rendent particulièrement reconnaissables, les rapprochant quelque peu de certaines représentations sumériennes. Les divinités ou ancêtres ainsi représentées sont majoritairement féminines, mais un nombre non négligeable de figures masculines ont été retrouvées ; ces dernières sont dotées de caractéristiques faciales plus expressives et détaillées, tels qu’un nez plus massif et des pommettes ou mentons saillants.

Les particularités de la culture de Vinca touchant aussi bien à sa vie sociale que spirituelle en font selon nous une civilisation particulièrement importante, en ce qu’elle démontre une avancée phénoménale au sein de ce que nous pouvons considérer comme un creuset indo-européen. Il faut par ailleurs faire mention de « l’écriture de Vinca » décryptée par Toby Griffen et qui, datant de près de 7000 ans, constitue la plus ancienne écriture connue. On retrouve parmi les symboles de cette « proto- écriture » la swastika, particulièrement importante en Inde ; hors certaines recherches ont pu déterminer via l’étude des haplogroupes une proximité génétique entre les habitants des Balkans (notamment les serbes de Bosnie) et certaines populations de l’Inde, berceau de la civilisation aryenne.

Nous pouvons supposer que l’absence de lieux de culte témoigne du fait que les hommes de Vinca n’étaient pas coupés de leurs dieux, qui « vivaient » pour ainsi dire parmi eux. Quoi que la culture de Vinca soit encore loin d’avoir livré tous ses secrets, elle offre dores et déjà un exemple de la puissance civilisationnelle européenne tout en tordant le cou aux mythes du « sauvage préhistorique » et du progrès…

Notes

  • Il faut souligner que la richesse du Danube ne suffit pas à expliquer le développement de la culture de Vinca ; d’autres foyer de peuplement existèrent le long du fleuve au nord comme au sud, mais aucun ne connu une longévité analogue à celle de Vinca.
  • Rien ne permet de démontrer que le cinabre fut employé dans une perspective alchimique. En revanche il fut incontestablement travaillé en vue d’en tirer une poudre rouge utilisée pour la coloration des textiles et objets d’art.

A Propos Michael Guerin

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