Accueil Géopolitique L’Union Européenne sera-t-elle demain officiellement un protectorat américain?

L’Union Européenne sera-t-elle demain officiellement un protectorat américain?

Le « Brexit » n’aura été que le début d’une lente dégradation, désormais évidente, de l’union européenne ; nombreux sont ceux qui aujourd’hui appellent à un « Frexit », oubliant souvent par ailleurs que la sortie de la Grande-Bretagne fut facilitée par le fait qu’elle ne soit pas membre de la zone euro. Qu’à cela ne tienne, cela ne signifie pas que la France soit condamnée pour sa part à demeurer sous le joug de l’union européenne.

Mais les défiances à l’égard de la quasi fédération marchande viennent avant tout de l’Italie et d’Europe centrale, avec pour trame de fond la crise migratoire et économique.,

Le gouvernement de coalition italien tout comme le groupe de Visegrad semblent plus que jamais déterminés à refuser le mondialisme forcené de l’union et ses lubies cosmopolites, dont la France a encore fait les frais à l’occasion de la coupe du monde. L’opposition est telle que l’union européenne en vient pour la première fois à recourir à l’article 7 de son traité contre l’État polonais, afin de suspendre ses droits politiques d’état membre.

Une procédure déclenchée par l’union suite à la réforme judiciaire entreprise par la Pologne en vue d’assainir le fonctionnement de sa magistrature ; la prétendue « menace » que fait peser une telle réforme sur « l’État de droit » masque mal une volonté de l’union européenne de punir tout pays qui n’accepterait pas intégralement l’idéologie totalitaire du marché euro-mondialiste.

Une posture de résistance donc de la part de l’Italie et du V, qui séduit naturellement nombre de nationalistes particulièrement en France, où « l’élite » politique redouble d’agressivité dans sa volonté de défendre les « valeurs » de l’union ; aussi voit-on le système politico-médiatique abreuver le peuple de spectacles et festivités affligeants, qu’il s’agisse du pompier Gassama, de la sordide « fête de la musique » à l’Élysée ou du football « black blanc beur »… tout pour faire oublier aux Français que la machine s’enraye, et qu’ils ont tout intérêt à se dresser face aux aberrations de l’Europe de Bruxelles, comme l’ont fait les anglais et comme le font aujourd’hui l’Italie et le V4.

Pourtant les « populismes » salués par une certaine droite nationale cachent une réalité fort peu réjouissante, et il se pourrait que le « remède » soit ici pire que le poison. Car en effet, que l’on considère Matteo Salvini et sa Lega ou le groupe de Visegrad, un dénominateur commun d’importance cruciale surgit rapidement : une adhésion plus ou moins complète à l’idéologie atlantiste et ses différents avatars, dont le sionisme.

Ainsi le chef de la ligue en Italie a-t-il rappelé à plusieurs reprises ses positions pro-israéliennes et son intention d’infléchir la politique italienne en faveur de l’entité sioniste. Du côté du groupe de Visegrad, le sommet du 19 juillet 2017 aux côtés d’Israël fut on ne peut plus clair en ce qui concerne la volonté du V4 de renforcer son alliance avec l’état hébreu. Comme on peut le voir dans cette déclaration conjointe, il est question de coopération poussée dans les domaines politique, économique, diplomatique et militaire, avec notamment un renforcement des liens avec l’OTAN.

On comprend dès lors pourquoi en Hongrie le parti Jobbik, à l’origine antisioniste, a dû lui-même faire peau neuve et se « dédiaboliser »1 pour se rendre plus compatible avec les orientations de Viktor Orban.

Cette proximité avec Israël concerne également le gouvernement de coalition autrichien, comme l’a montré récemment le chancelier Kurz lors de sa visite à Yad Vashem.

Un choix idéologique et stratégique qui ne surprendra pas vraiment, de la part d’une extrême droite traditionnellement occidentaliste et dont l’ennemi principal est souvent l’islam ou l’immigré en tant que tel.

Mais cet alignement officiel avec l’axe atlantique prend une dimension plus profonde si l’on considère les récentes actions de Donald Trump à l’égard de l’union européenne : après avoir battu en brèche les dogmes économiques de l’OMC en rétablissant les barrières tarifaires, le président américain a rappelé à l’ordre les états européens membres de l’OTAN, en les sommant de remplir leur devoir financier vis-à-vis de l’organisation.

En d’autres termes pendant que les pays membres d’une union européenne castrée s’accrochent aux règles du commerce international et à une prétendue « multi polarité », le président américain utilise la seule donnée pérenne en termes de relations internationales : la puissance souveraine. Celle-là même à laquelle l’Union Européenne a renoncé en préférant construire une fédération marchande, plutôt qu’un grand état européen fondé sur la civilisation et la force politique.

Tout en demeurant membres de l’Europe des technocrates et des marchands, il est certain que les gouvernements de droite qui recueillent aujourd’hui le soutien populaire font en réalité le choix de l’Occident américain (marchand lui aussi par nature) et de l’OTAN. La crise migratoire sans précédent qui frappe aujourd’hui l’Europe, accompagnée de la menace terroriste et peut être demain d’un péril sanitaire (réel ou supposé) seront les catastrophes qui permettront peut être à Washington d’asseoir officiellement sa domination sur le continent européen. Un tel scénario n’a rien d’impossible et ne rentre pas dans le cadre d’un quelconque « conspirationnisme » ; rappelons que ce fut la stratégie employée par l’Occident dans les Balkans où l’immigration et l’islamisme, comme les nationalismes furent utilisés comme autant de forces centrifuges pour faire exploser la Yougoslavie, et poursuivre le projet géopolitique d’encerclement de l’Eurasie.

Hors comme le démontrent les événements quotidiens en France, en Allemagne, en Angleterre, en Espagne etc., la « balkanisation » de l’Europe occidentale a commencé depuis bien longtemps, et constitue un phénomène auquel l’union Européenne ne peut ou ne veut pas faire face.

Nous sommes par conséquent en droit de penser que l’impotence de l’Europe de Bruxelles – symbolisée à merveille, lors du sommet de l’OTAN, par un Junker ivre et chancelant à l’image de l’institution qu’il représente – fera naturellement place à terme à une gouvernance sécuritaire et désireuse « d’ordre », sous « protectorat » américain via l’OTAN notamment, dont le pouvoir sera renforcé.

Comme nous l’avons souligné cette volonté d’alliance poussée avec l’OTAN et/ou Israël est d’ores et déjà une composante essentielle des régimes de droite dure, autant sinon plus que des gouvernements faiblards tels que ceux de France ou d’Allemagne.

Le délitement de l’Europe auquel nous semblons assister pourrait donc faire tomber les pays européens de Charybde en Scylla, en substituant au désordre marchand de l’UE un semblant d’ordre libéral-sécuritaire assuré par l’hyper puissance américaine et ses organisations internationales. A ce titre le groupe de Visegrad apparaît comme une simple résurgence de l’intermarium, tout comme l’initiative des trois mers, dont l’objet est là encore « l’endiguement » et le contrôle du heartland.

« l’Ultra droite » au pouvoir sera un rouage essentiel de la géopolitique atlantique, et c’est ainsi qu’il faut comprendre le numéro de tapinage artistique de Marion Maréchal, égérie des groupies de droite, devant les néo-cons de la CPAC2.

Notes

  • La situation du Rassemblement National donne une idée des résultats de ces processus de « dédiabolisation ».
  • Sans doute est ce là l’origine des fonds ayant permis la création de l’ISSEP

A Propos Michael Guerin

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