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Les jeunes veulent un état héroïque – Pierre Clementi, mars 1934

Suite à mon article intitulé « Pierre Clementi, un national communiste français » publié en juin dernier, j’ai eu le plaisir d’échanger récemment quelques mails avec René Clementi, fils de celui qui fut le fondateur du Parti Français National Collectiviste.

A cette occasion M. René Clementi corrigeait des erreurs fréquemment commises, dont mon article n’est hélas pas exempt :

  • « la Troisième Paix » n’a pas été publiée par Pierre Clémenti en 1954 mais en 1947, dans la clandestinité.
  • Pierre Clémenti n’était pas rédacteur « sportif » à la République, mais écrivait des articles éminemment politiques reflétant son orientation idéologique.

Concernant le deuxième point, M. René Clementi a eu l’amabilité de me faire parvenir un article rédigé par son père en mars 1934, m’autorisant également à le publier ici. Ecrit plus de 70 ans années en arrière, son contenu reste plus que jamais pertinent et actuel.

Les jeunes veulent un état héroïque – Pierre Clementi

Il n’est plus utile d’ergoter sur la désaffection actuelle d’une partie du pays pour les institutions parlementaires. C’est un fait qui n’est plus guère contesté. Les conservateurs résolus n’osent même plus s’avouer tels et ils proposent tous des réformes à qui mieux mieux. C’est devenu chose banale de décrire ou d’exalter la carence et l’immoralité du système politique actuel. Les jeunes ne tomberont pas dans ce travers. Ils veulent construire, étant entendus qu’ils détruiront, avant, tout ce qu’il faudra.

Chacun est à peu près d’accord, ou prétend l’être, sur la nécessité d’un plan économique national qui accorderait les besoins et la production.

Passons rapidement sur l’élaboration de ce plan : elle comporterait un inventaire des richesses, de l’outillage et de la main-d’œuvre ; une détermination des besoins à satisfaire et des installations à amortir ; enfin une répartition du travail et des produits. N’entrons pas pour aujourd’hui dans le détail de ces opérations. N’ayons pas peur des mots, ce serait du socialisme, du vrai socialisme qui ne devrait rien à Marx et à sa théorie démoralisante. Une équipe de techniciens faciles à recruter accomplirait ce travail de préparation en un temps relativement court, si toutefois elle ne se heurtait à aucune mauvaise volonté.

Nous touchons ici au point le plus délicat. Proclamer que l’intérêt particulier doit s’incliner devant l’intérêt général est facile. Nous savons, nous autres jeunes, que toute sentence qui ne s’accompagne pas de sanctions appartient au domaine de la fumisterie. L’individu n’est pas un saint. Il faut faire appel à ses bons sentiments. Mais il faut être prêt, s’il reste sourd, à l’obliger, à le soumettre à la discipline collective. D’ailleurs, quels que soient les problèmes en face desquelles on se place, toutes les solutions envisagées amènent à la conclusion que seul un État fort pour aller réaliser.

Or il faut que cette force soit légitime. On ne gouverne pas sans baïonnettes, mais on ne gouverne pas longtemps uniquement par les baïonnettes.

Cette légitimité ne peut pas résider dans le principe électoral. L’actualité démontre, après analyse scientifique, l’imperfection d’un tel procédé. Nous pensons, nous, et nous n’avons rien inventé, que la légitimité du pouvoir doit consister en un consentement qu’accorderait le pays à une élite dont le désintéressement et le dévouement au bien général seraient une évidence. Nous ne concevons pas cette élite comme une entité vague et mystérieuse, aux contours imprécis et aux prérogatives illimitées. Ceci ressemblerait trop à ce dont nous ne voulons plus : une oligarchie.

Non, il s’agirait d’une organisation de force hiérarchisée, d’une armée civile évoluant au grand jour.

Encore une fois, n’ayons pas peur des mots, nous aurions là une aristocratie, une vraie aristocratie qui ne devrait rien à la réaction et à la bourgeoisie matérialiste.

Pierre Clementi

A Propos Michael Guerin

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