Les cartels vénézuéliens jouent incontestablement un rôle significatif, mais principalement de transit, dans le trafic de drogues à l’échelle mondiale, en particulier pour la cocaïne provenant de Colombie voisine. Si contrairement à des pays producteurs comme la Colombie ou le Pérou le Venezuela n’est pas un grand producteur de stupéfiants, sa position géographique, ses frontières poreuses et la corruption généralisée au sein de l’État en font une plaque tournante pour l’acheminement de drogues vers les États-Unis, l’Europe et d’autres régions du monde.
Le Cartel de los Soles : le principal acteur
Le principal cartel venezuelien impliqué dans ce trafic semble être le « Cartel de los Soles » (Cartel des Soleils), un réseau informel composé de hauts fonctionnaires militaires et gouvernementaux du régime d’extrême gauche en place. Ce nom fait d’ailleurs référence aux insignes en forme de soleil portés par les généraux de l’armée vénézuélienne. Selon des accusations portées par les États-Unis, ce cartel opère comme un système de gouvernance criminelle hybride, à travers lequel le régime de Nicolás Maduro forme des alliances avec des acteurs criminels pour accéder à des revenus illicites, « régulant » ainsi des économies parallèles comme le commerce de cocaïne plutôt que de les combattre
Le cartel facilite la logistique, la protection et la coordination du trafic, en profitant de la corruption systémique et de l’instabilité économique constante d’un pays qui ne parvient pas à sortir des illusions mortifères marxistes.
Le Venezuela, un havre pour les réseaux criminels
Des groupes paramilitaires comme les colectivos, ainsi que des organisations étrangères telles que l’ELN (Armée de libération nationale colombienne), des dissidents des FARC et des cartels mexicains, opèrent également avec une relative impunité grâce à un enchevêtrement de réseaux au sein desquels se retrouvent criminels et hauts fonctionnaires d’Etat.
Des accusations formelles des États-Unis datant de 2020 imputent ainsi à Maduro et à 14 autres officiels vénézuéliens des crimes de narco-terrorisme, corruption et trafic de drogues. Maduro est d’ailleurs accusé de diriger personnellement ce cartel.
Rôle du Venezuela dans le trafic de drogue vers les États-Unis
Pour les États-Unis, le Venezuela sert de route de transit pour environ 8 % de la cocaïne destinée au marché américain (données de 2020), principalement via la mer des Caraïbes. Les cargaisons partent souvent des côtes nord du Venezuela ou de Colombie, transitant par des îles caribéennes (comme la République dominicaine, Aruba, Curaçao ou les territoires d’outre-mer européens) avant d’atteindre les États-Unis par bateaux rapides, yachts, conteneurs ou vols touristiques. Cependant, ce chiffre fait apparaître le rôle du Venezuela comme relativement mineur dans le trafic global vers les États-Unis, où 80 % des drogues proviennent en fait de routes pacifiques orientales (via le Mexique ou l’Amérique centrale). Le Venezuela n’est en outre pas du tout impliqué dans le trafic de fentanyl, qui domine les overdoses aux États-Unis et provient majoritairement de Chine via le Mexique et ses cartels meurtriers.
La fin du régime Maduro
Malgré cela, les États-Unis accusent le régime Maduro d’être un « État gangster » qui abrite le trafic de drogues, contribuant à la mort de plus de 100 000 Américains par an due aux overdoses. L’attaque menée par les Etats-Unis et la capture de Maduro – en violation du droit international et du principe de non ingérence – viennent conclure plusieurs actions menées au cours des derniers mois, incluant des frappes militaires contre des bateaux, docks et installations liées au trafic, une frappe de missile sur un bateau rapide au large des côtes vénézuéliennes, tuant 11 trafiquants présumés, et enfin des attaques sur Fort Tiuna à Caracas. Ces opérations, menées par la marine et l’armée américaine, visent officiellement à perturber les routes maritimes, bien que des critiques soulignent qu’elles pourraient simplement déplacer les flux vers d’autres points comme la côte pacifique colombienne.
Rôle du Venezuela dans le trafic de drogue à l’échelle mondiale
Globalement, le Venezuela facilite indéniablement le transit de cocaïne vers l’Europe (via des routes sud vers le Guyana, le Suriname et le Brésil) et d’autres marchés. Sa géographie aide à connecter les zones de production sud-américaines aux consommateurs mondiaux, à travers des alliances circonstancielles conclues avec des organisations terroristes comme l’Etat Islamique, qui s’impliqua dans le trafic mondial via la cartels vénézuéliens.
Pour certains observateurs, l’intervention américaine et l’exfiltration du président Maduro constituent une atteinte à la souveraineté du Venezuela ; mais rappelons toutefois que le pays a depuis longtemps perdu une partie de sa souveraineté territoriale en devenant un havre pour le trafic, exacerbé par la corruption de l’État communiste et sa dépendance aux revenus illicites.
Une corruption telle que l’on peut considérer que même un changement de régime ne sera pas en mesure de stopper les flux, le trafic s’enracinant profondément dans la corruption et les réseaux transnationaux capable d’opérer indépendamment du gouvernement tout en y ayant des entrées.
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